Aller à la cabane à sucre, c’est le violon, l’accordéon, l’harmonica et la cuillère de bois qui résonnent gaiement entre les murs, les musiciens qui enchaînent les rigodons dans une ambiance de fête, et les tables remplies de mets typiques.

Les traditions

Cabane à sucre | Crédit :  Francis Gagnon
Crédit : Francis Gagnon

Difficile de trouver mieux pour saluer l’arrivée du printemps! Dans une grande cabane en bois, les familles se rassemblent autour de longues tables nappées de carreaux pour partager un copieux repas dégoulinant de sirop d’érable, à la mode québécoise d’antan. 

Souvent, il y a une petite scène où les musiciens jouent des chansons folkloriques, des rigodons et des airs de danse carrée. On tape du pied, on claque des mains, on sourit et on entre dans le jeu. 

Dehors, place à la tire d'érable : du sirop d’érable bouilli et versé en traits sur la neige, qu’on laisse refroidir et qu’on enroule autour d’un bâtonnet pour concocter une friandise bien collante.

Le bec sucré à souhait, plusieurs vont marcher pour digérer le tout. Certains désirent seulement bavarder en profitant du redoux, d’autres vont voir comment on prépare le sirop d’érable, et parfois d’autres embarquent dans un traîneau à chevaux, selon l’envie du moment.

Le repas typique

Cabane à sucre | Crédit :  Érablière du Lac-Beauport
Crédit : Érablière du Lac-Beauport

Prêt pour un gargantuesque festin à volonté? Dans la plupart des cabanes à sucre, on vous proposera de la soupe aux pois, des fèves au lard, des cretons (rillettes de porc haché et d’épices), des oreilles de crisse (croustilles de lard frit), de l’omelette, du jambon et des saucisses dans le sirop d’érable, de la tourtière (pâté à la viande), des betteraves marinées, du ketchup maison rouge ou vert, des crêpes et, bien sûr, un cruchon de sirop d'érable. Pour le dessert, certaines cabanes ajoutent même une tarte à l’érable ou un grand-père dans le sirop… pas de panique pour vos aïeux, il s’agit d’un petit gâteau bien moelleux!

Psst! Essayez de garder un peu de place pour la tire d'érable sur neige à volonté!

L’art de l’érable

Cabane à sucre | Crédit :  Au Chalet en bois rond
Crédit : Au Chalet en bois rond

L’eau d’érable est recueillie au printemps entre gel et dégel, quand la température dépasse 0 °C le jour et redescend en dessous de 0°C pendant la nuit. Le phénomène crée alors la pression nécessaire pour la coulée et la récolte.

Au fil de l’évaporation, l’eau d’érable se transforme en réduit semblable au thé sucré, puis en sirop, en tire, en beurre, en sucre mou et, pour terminer, en sucre dur.

Un délicieux souvenir à rapporter

Comme l’huile d’olive, le sirop d’érable se décline en différentes classes et couleurs, du doré clair au goût délicat jusqu’à l’ambré foncé au goût prononcé.

Et comment le déguster?

Beaucoup le réservent aux crêpes ou aux gaufres, mais au Québec, on le garde toujours sous la main. Le sirop d’érable se prête à une panoplie de recettes, des casseroles aux viandes en passant par les sauces et les vinaigrettes, sans oublier les desserts et le remplacement du sucre dans le café ou le thé.

La petite histoire des cabanes à sucre

Les peuples autochtones sont les premiers à avoir entaillé les érables au printemps pour en récolter l’eau et l’utiliser pour sucrer leurs aliments et boissons.

Plus tard, la production de sirop d’érable est vite devenue une tradition familiale. Pendant la saison des sucres, les familles passaient la journée à braver la neige pour récupérer les seaux, puis se rassemblaient le soir venu pour partager un généreux repas. Alors que les assiettes se vidaient, la maison s’emplissait du son des violons, des cuillères de bois, des voix en chœur et des verres qui trinquent.

La fête gagnant en popularité, il fallait trouver plus d’espace pour se réunir… et ainsi naît la cabane à sucre telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Vous visitez Québec ce printemps? Voici une liste de cabanes à sucre pour vivre une expérience authentique et inoubliable!